« My football is pro business »

Août 2015 – Déchiffrage et Notes de bas de page – #1

Sur la possible sécession L1/L2 et la lente ascension vers une ligue fermée

« C’était un peu le pot de fer contre le pot de terre, les élites contre les trous du cul. » Claude Michy, président de Clermont Foot 63 (club de Ligue 2).

Après avoir eu raison de l’accession du « petit » Luzenac Ariège Pyrénées lors de la dernière intersaison, la Ligue de Football Professionnel (LFP) et son président nous préparent à un virage structurel. La crise économique actuelle incite les clubs à la prudence en matière d’investissement et pourtant le football français n’a jamais généré autant de profit. Derrière la volonté d’accélérer le passage à deux relégations de la Ligue 1 vers la Ligue 2 dès la saison prochaine, l‘élite du football français entend mettre ses distances avec son antichambre coûteuse, et s’éloigner toujours plus de sa base populaire qu’est le football amateur. Chronique quotidienne de la concurrence dans le capitalisme sportif. Voyons ce que cette « crise » au sommet nous dit de l’état du football français.

Le petit commerce contre la grande distribution
Le petit commerce contre la grande distribution

Le rapport de force de « gentleman » qui illustre les relations entre la LFP et la FFF a viré au conflit plus officiel suite à une décision de la LFP en mai dernier de passer à deux relégations de la Ligue 1 vers la Ligue 2 et autant de montées en sens inverse, contre trois jusqu’à présent. La décision passe mal du côté de certains clubs de L2, encore pensionnaires de L1 il y a peu, comme Brest, Nancy ou Lens. Devant leur menace de boycotter la reprise du championnat de L2, Noël Le Graët s’est alors aventuré à trouver un compromis avec Frédéric Thiriez en prévoyant de ne faire entrer cette réforme en application que lors de la saison 2016-2017. L’Assemblée Générale de la FFF qui devait valider ce compromis pour l’entériner ne l’a pas fait, pour finalement repousser cette décision au 15 décembre prochain. C’est alors que la LFP, appuyée par le collège des clubs de L1 de son conseil d’administration (8 membres), a décidé de revenir à son désir initial et d’accélérer le mouvement en faisant entrer en vigueur cette réforme dès cette saison. Décision à laquelle s’est opposé le comité exécutif de la FFF. La suite est une histoire de référés et se joue pour l’instant dans les tribunaux. Une réponse est attendue pour le 13 août, date où le Conseil d’État doit rendre son verdict.

Contrairement à ce qu’on serait tenter de penser ce ne sont pas deux visions du football qui s’opposent. Il s’agit plutôt de la concurrence, inhérente à l’économie capitaliste, que se livrent les entreprises que sont les clubs de football professionnels2. Les clubs de L1 sont liés les uns aux autres par l’intérêt que constitue le produit généré par leur championnat, essentiellement autour de la question de la répartition des droits télé3. Ce sont 19 des 20 clubs qui composent la L1 qui soutiennent l’initiative d’avancer la date d’application de la réforme. Ils s’opposent ici aux clubs de L2, à qui un accessit vers l’étage supérieur menace d’être retiré. Le conflit qui oppose la FFF de Noël Le Graët à la LFP de Frédéric Thiriez est donc la vitrine médiatique d’un conflit interne au monde professionnel entre les riches d’un côté, c’est à dire la quasi totalité des clubs de Ligue 1, et les un-peu-moins riches de l’autre, les clubs de Ligue 2, qui dans cette histoire semblent être soutenus par l’Union des Clubs Professionnels de Football (UCPF)4, le MEDEF des clubs de foot pros. Un tel « consensus » parmi les clubs de l’élite n’a rien de surprenant. Malgré un traitement inégal dans la répartition de certaines tranches de droits télé, les 20 clubs de L1 sont liés par la partage de cet important gâteau orchestré par la LFP.

A l’heure actuelle, les clubs de L1 se répartissent les droits télé comme suit : Une part fixe d’un peu plus de 6,5 millions d’euros (la même pour les 20 clubs), la part « Licence Club5 » 4,3 millions, la part relative au classement de la saison écoulée6. Les 20 clubs de L1 se partage ensuite une quatrième part, plus petite, calculée sur les classements des cinq saisons révolues (l’enveloppe de cette part représente un peu moins de 5 % du total des droits télé partagés). Enfin, il existe une dernière part, conséquente (plus de 20 % du total), qui récompense les clubs en fonction de leur notoriété. En prenant en compte le nombre de diffusion en matchs « affiches » sur ces cinq dernières saisons révolues, cette dernière part s’inscrit déjà dans un soucis de protection des grosses machines économiques. Les huit premiers clubs de ce classement se partagent 80 % de la part, et les douze autres se partagent les 20 % restant. Sur ces critères, Marseille, le PSG et Lyon sont assurés de récupérer des « primes » conséquente, même en cas de saison loupée.

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Dans tout cet argent généré par le championnat de France de Ligue 1, une partie est reversée à hauteur de 80 millions d’euros par saison à la Ligue 2, au nom de la « solidarité ». Pour les clubs de L1, Jean-Michel Aulas en tête, c’est visiblement beaucoup trop. En tous cas suffisamment pour que la L2 ne la ramène pas trop, comme Bernard Caïazzo, président de l’AS Saint-Etienne l’a assené dans les médias : « Ce n’est pas la L2 qui décide ! »

Soubresauts logiques. Frédéric Thiriez et les présidents de L1 évoquent une « crise de gouvernance » pour expliquer cette lutte de pouvoir, dont l’issue ne fait pas de doute. Officiellement, la Fédération « délègue la gestion de la L1 à la LFP », ce qui sous-entend qu’elle a son mot à dire en matière d’organisation des championnats pro. Mais dans les faits, la LFP possède un pouvoir économique considérable et l’élastique qui l’attache à la FFF pourrait très bien craquer et donner lieu à une autonomisation, emmenant dans son sillage les clubs de L1. Si on en croit Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux, qui donne son avis sur la situation, « c’est le monde amateur qui prend les décisions concernant le football professionnel, ça me paraît un peu gros. (…) Ils se mêlent de quelque chose qui ne les regarde pas. Il ne faut plus être dépendant de la Fédération pour le numéro d’affiliation, mais aussi être propriétaires de nos droits TV. C’est un système archaïque à la française qui est presque soviétique. » En fond d’écran apparaît clairement le projet de mutation de la LFP voulue par les clubs de L1. Celle-ci aura pour aboutissement de sortir définitivement le championnat de France de la L1 du girons de la Fédération, sur le modèle du mouvement qui a vu la Premier League anglaise se privatiser en 19927. La question est simplement : quand ?

Profitant de l’élan économique produit par l’arrivée conjuguée d’investisseurs puissants dont la fortune est un puits sans fond (comme Qatar Sport Investissement (QSI) au PSG ou Dimitry Rybolovlev à Monaco) et de la chaîne sportive qatarie BeIn Sport, les droits télé pour la période 2016-2020 ont été négociés à 748,5 millions d’euros par saison. Soit 140 millions d’euros de plus que la période 2012-2016 qui s’achèvera à la fin de la prochaine saison. Il s’agit d’un niveau jamais atteint8. Sachant que la répartition annuelle des droits télé constitue la principale rentrée d’argent des clubs (environ 60 %)9, l’enjeu du conflit qui agite le petit monde professionnel est en grande partie là.

Une vision un peu plus partageuse mettant le doigt sur le fait que « le gâteau des droits télé a pourtant augmenté !» se heurte à la logique capitaliste qui répond: « justement ! ».

L’argument qui revient dans la bouche des président de L1, c’est la sempiternelle concurrence avec les autres championnats européens. Ceux-là ont aussi été dopés par l’arrivée durant la dernière décennie d’investisseurs multi-millionaires10 qui ont fait entrer le football continental dans une ère instable où le fossé entre les clubs super-riches et les autres qui le sont un peu moins se creuse irrémédiablement11. De plus, certains invités récents sont venus rabattre une partie des cartes, comme les clubs russes ou ukrainiens, sans parler des pays du Golfe propices aux pré-retraites dorées.

Ces injections supplémentaires d’argent ont donc augmenté le braquet dans la concurrence capitaliste que se mènent les clubs européens, en compétition comme sur le marché des transferts, où les montants battent chaque année des records. Par ricochets, les clubs français ne sont pas les derniers à profiter de l’épais portefeuille des clubs européens, anglais notamment12 et des transferts juteux vers le Qatar ou les Émirats. Pourtant ceux là vont toujours, pour justifier leur retard européen, mettre en avant le fait qu’il faille être économiquement compétitif pour pouvoir rivaliser. Calqué sur le discours du MEDEF, ils vont fustiger les impôts toujours « trop contraignants » ou les cotisations patronales toujours « trop lourdes » en comparaison aux fiscalités allégées réservées aux clubs anglais ou italiens. En témoigne une des dernières levées de boucliers patronales contre la fameuse taxe chargée d’imposer les salaires à hauteur de 75 % au dessus du million annuel de salaire.

Le modèle c’est bel et bien le monde de l’entreprise et le discours libéral du patronat sur la liberté d’entreprendre, pour débloquer de nouvelles tranches de profits. Dans ce contexte footballistique qui s’apparente à une frénétique course à l’armement, il est évident que les clubs de L1 lâcheront sans hésiter ceux de L2. C’est ainsi. Mais n’est-ce pas trop tard pour s’en offusquer ou découvrir que la solidarité n’a jamais été la règle ? Jusqu’à présent ça n’a jamais vraiment été de bon cœur que les clubs de L1 cèdent ces 80 millions d’euros à une L2 qui ne génère pas assez de profits à leur goût. Aulas avance dans la presse que, ce qu’il nomme avec morgue, « l’égalitarisme » freinerait la concurrence des clubs français avec leurs voisins européens. Pour information, les droits télé de la L2 ne rapportaient jusqu’à présent « que » 15 millions d’euros par saison et rapporteront 22 millions à compter de la saison 2016-2017. A des années-lumière des 748,5 millions de la L1. Le système soviétique selon Jean-Louis Triaud…

Les différentes sorties médiatiques de Bernard Caïazzo ou encore de Loïc Féry (président de du club de Lorient) annoncent elles aussi clairement que cette « solidarité » est en sursis et que cette fameuse « réforme » des institutions du football professionnel français se traduira par une sécession d’avec la L2. Pour le président de l’ASSE, «Nous sommes d’accord pour la solidarité, mais, aujourd’hui, le sentiment des clubs de Ligue 1 est que l’on ne pourra jamais réformer. La Ligue 2 n’est pas confrontée à la concurrence européenne. Il y a un ras le bol. Il y a maintenant une volonté de se séparer de la Ligue 2, pour faire comme en Premier League ou en Série A. On est dans des mondes différents, on est tiré vers le bas par la Ligue 2. »

Une action des ultras de l'AS Nancy menée sous l'égide du mouvement "SOS Ligue 2" avec une banderole anti-BeIn Sport.
Une action des ultras de l’AS Nancy menée sous l’égide du mouvement « SOS Ligue 2 » avec une banderole anti-BeIn Sport.

Bien sûr, la L2 a déjà du s’adapter et déplacer la plupart de ses matchs au vendredi soir ainsi que son « affiche » au lundi soir, sous la pression des chaînes qui possèdent les droits13. Ce qui a eu pour effet de vider les tribunes de L2. Sans compter que les clubs de L1 puisent allégrement, pour ne pas dire pillent les clubs de L2, chaque saison pour se renforcer. A titre d’exemple, lors de cette intersaison (2015/2016) ce ne sont pas moins de quinze joueurs qui arrivent de L2, dont douze en fin de contrat ce qui signifie que leur ancien club ne touche aucune indemnité14. Quant à Loïc Féry, qui gère sa vie entre la City à Londres et Lorient, il joue la victime face à la décision de la FFF : «C’est un abus de pouvoir : les clubs professionnels, qui tirent le football français vers le haut et contribuent à faire vivre le football amateur, ne peuvent accepter cette mise sous tutelle.» Alors que la gouvernance est censée être collégiale (FFF/LFP), Féry goutte très peu qu’un désaccord puisse faire obstacle et bloquer l’écrasante volonté des clubs de L1. Il répète à qui veut l’entendre la « dépendance » du football amateur, et en filigrane de la L2, vis à vis des « locomotives » de l’élite. Comment ne pas y lire une menace de couper les vivres à ce football, qui si on en croit Féry, ne survivrait pas sans la L1 ? Probablement que Féry a oublié que la plupart des jeunes joueurs qui rejoignent les centres de formation des équipes pros viennent quasiment tous des rangs du football amateur15 .

S’agit-il d’un pas de plus vers la constitution d’une ligue fermée ? Evidemment, Thiriez comme Caïazzo interrogés à ce sujet s’en défendent et se retranchent derrière les règlements de l’UEFA qui l’interdisent formellement. Cependant, la LFP envoie le signal qu’elle compte bien se réserver le droit d’entrée dans ses championnats, quitte à déclencher une crise de gouvernance pour en sortir avec des pouvoirs élargis. «C’est la chienlit dans le football, avec trois institutions, la Fédération, la Ligue et l’UCPF, qui se marchent sur les pieds, confiait-il au journal L’É­quipe. On ne sait pas qui fait quoi, c’est la pagaille. Nous sommes au bout d’un mode de gouvernance associatif, voire coopératif, pour un secteur qui génère 750 millions d’euros de recettes par an.»

Bien sûr, l’argent dans le football n’est pas une nouveauté. Le sens de son utilisation par contre a évolué. Même si le gain en terme d’image de marque reste une des motivations des investisseurs, l’argent injecté cette dernière décennie a participé à une transformation plus profonde du football, en ne le considérant plus simplement comme un vecteur de gloire pour lequel on s’endettait gaiement. Comme l’écrit le sociologue de l’INSEP, Patrick Mignon, pour les investisseurs « il s’agit de considérer le football comme une activité économique comme une autre, de lui imposer des exigences de rentabilité, de lui appliquer les règles du calcul économique. »

Dans le football d’aujourd’hui les projets économico-sportifs des clubs moyens sont, sauf exceptions, établis sur du relativement court terme, trois, quatre saisons maximum. Les joueurs restent rarement plus longtemps dans un club. Le long terme est trop peu sûr pour les investisseurs, pour qui les résultats et la rentabilité doivent être au rendez-vous et vite. Ce sont justement ces investisseurs que Thiriez prétend rassurer en supprimant une relégation vers la Ligue 2. Le président de la LFP se donne comme mission « d’éviter les accidents industriels et de sécuriser les investisseurs privés et publics qui construisent des stades». L’exemple majeur de l’accident industriel en football qu’on peut avoir en tête, c’est celui du club du Mans qui n’a jamais pu se relever de l’investissement mis dans la construction sous partenariat public / privé de son stade, la MMArena. Relégué à l’issue de la saison 2009/2010, le club mise tout pour rentabiliser son stade sur une remontée immédiate. C’est un échec. Deux saisons de plus en L2 ponctuées d’une relégation sportive en National en 2013, ont fini par mener le club sur-endetté (plus de 14 millions d’euros) à la liquidation judiciaire en 2013 et à repartir en DH (6e échelon).

La MMArena, alias "l'accident industriel". Vinci et sa filiale "Vinci Stadium" a hérité de la concession pour 35 ans. Premier cas de "naming" en France, la société d'assurances MMA verse un million d'euro annuel au concessionnaire Vinci. Il n'est pas sûr que ce soit une affaire étant donné que ce stade n'a plus de club résident. La filiale de l'entreprise de BTP montre l'intérêt de la maison-mère pour le business des stades. Le Havre, Bordeaux ou encore Nice ont été accrochés à son tableau de chasse.
La MMArena, alias « l’accident industriel ». Vinci et sa filiale « Vinci Stadium » ont hérité de la concession pour 35 ans. Il s’agit du premier cas de « naming » en France, la société d’assurances MMA verse un million d’euro annuel au concessionnaire Vinci. Il n’est pas sûr que ce soit une affaire étant donné que ce stade n’a plus de club résident. Pour autant ça n’a pas entamé l’appétit de l’entreprise de BTP pour le business des stades. Le Havre, Bordeaux ou encore Nice ont depuis été accrochés à son tableau de chasse.

C’est vrai que dans le costume de l’ennemi suprême du football populaire Thiriez n’a plus rien à prouver, alors il s’érige en défenseur des entreprises, en protecteur des grosses cylindrées et en facilitateur du business. Cela dans la parfaite continuité de sa présidence avec notamment l’instauration de la Licence Club. Une adaptation aux normes du football moderne qui pose les jalons d’une élite qui s’auto-entretient de saison en saison et prétend se sécuriser en s’éloignant des divisions inférieures. Cette réduction des risques économiques ardemment défendue par Thiriez, comporte une réduction de la part du hasard sportif. Depuis des années maintenant, au sommet du football européen, en Ligue des Champions on visualise d’ailleurs cet l’impact que peuvent avoir ces stratégies économiques propres au football moderne sur « la glorieuse incertitude du sport »16.

La volonté d’émancipation des clubs les plus riches ne date pas d’hier et sur la forme on se rapproche du temps où la ligue professionnelle de football s’appelait encore le Groupement des Clubs Autorisés (GCA) qui « choisissait » ses membres. L’adhésion n’y était pas sportive mais reposait sur le statut professionnel des clubs. Ce n’est que depuis 1970 qu’on peut intégrer l’élite du football français sur des critères sportifs, c’est à dire en grimpant les divisions une à une. A la différence notoire qu’à l’époque du GCA il s’agissait de s’autonomiser du monde amateur. Aujourd’hui, c’est la L2 qui est devenu le boulet dont les présidents de L1 se débarrasseraient bien.

Pour des personnalités influentes comme Jean-Michel Aulas, il ne fait guère de doute qu’il ne s’agirait que d’une étape dans sa radicale volonté « réformatrice », lui qu’on sait d’ors et déjà favorable à une réduction du nombre de clubs de l’élite à 18 clubs. La question sera alors : « pourquoi se partager à 20 ce qu’on peut se partager à 18 ? » En 2007, Frédéric Thiriez se vantait que la L2 française soit la plus performante d’Europe, il semble aujourd’hui prêt à lui faire payer les conséquences des nécessités structurelles des clubs de L1. Comme on peut légitimement s’attendre à ce que la répartition mutualisée des droits télé, qui aidaient jusqu’à présent les clubs de L2 à garder le nez hors de l’eau, n’ait plus beaucoup de temps devant elle. Ces mutations à venir ne sont que l’évolution logique d’une industrie du spectacle liée à l’économie de marché, qui va devoir « se délester » au nom de la compétitivité économique. Pour savoir si les clubs de L1 vont obtenir ce qu’ils désirent, rendez-vous le 13 août.

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1 Le statut juridique des clubs professionnels a connu une évolution depuis la loi du 28 décembre 1999, où les clubs peuvent se constituer en Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP). Ce statut permet de rémunérer les dirigeants et reverser des dividendes aux actionnaires. Il s’agit d’un type de statut juridique taillé pour l’économie de marché, plus attractif pour les investisseurs privés puisque l’association support n’est plus tenu de détenir de part dans le capital. Beaucoup plus flexible que les deux autres statuts sous lesquels les clubs professionnels pouvaient exister jusque là: les Sociétés Anonymes à Objet Sportif (SAOS) ou les Entreprises Unipersonnelles Sportives à Responsabilité Limitée (EURSL) qui fleurent le capitalisme à papa des années 80/90. Quelques rares clubs subsistent sous ces statuts laissant une place dans le capital à l’association loi 1901, comme support de l’équipe pro (exemple AJ Auxerre).

2 Seul l’En Avant Guingamp ne suit pas ses homologues (pour l’ironie de l’histoire, ce club est historiquement lié à Noël Le Graët qui en a été le président durant de longues années, avant d’en céder les rênes à son gendre Bertrand Desplat).

3 Aujourd’hui accusée de favoriser les clubs de L2, l’UCPF, bien zélée quand il s’est agit de fermer la porte du monde professionnel au Luzenac Ariège Pyrénées la saison dernière, risque de faire les frais de la « crise » actuelle et exploser en vol. En démissionnant début juillet, Jean-Michel Aulas, l’influent patron de l’Olympique Lyonnais a sonné le tocsin appelant ses collègues de L1 à l’imiter et quitter l’UCPF. Ce qui se profile est la création d’une entité dédiée à protéger les intérêts des clubs de L1 spécifiquement.

4 La Licence Club a vu le jour en février 2012. Elle est attribuée par la LFP aux clubs de L1 et L2 sur la base d’un système de points et prétend récompenser le développement des clubs, notamment ceux qui investissent dans les infrastructures (stades, centres de formation). La note évalue aussi des domaines comme la sécurité ou encore la structuration salariale du club. Bref, il s’agit d’une prime au professionnalisme. Elle est intégrée à la répartition des droits télé de la L1 depuis la saison 2012/2013.

5 Les trois clubs relégués ne touchent pas cette part que se répartissent les 17 clubs maintenus. Pour info le PSG 1er a touché 15,7 millions, Toulouse 16e , 1,6 millions.

6 A la fin de la saison 91/92, l’ensemble des clubs de First Division démissionne des instances fédérales dans le but de créer une nouvelle ligue, la Premier League, à même de gérer seule ses contrats de sponsoring et ses droits télé.

7 La France est le quatrième pays européen où les droits télé sont le plus cher. A titre de comparaison, les droits télé se monnayent à hauteur de 750 millions en Espagne, 960 millions en Italie et 1,7 milliards en Angleterre. En Allemagne ils ne s’élèvent « qu’à » 675 millions.

8 Les recettes en billetterie représentent aujourd’hui moins de 15 % des rentrées d’argent des clubs, contre 81 % en 1971.

9 On peut ajouter Roman Abrahamovic à Chelsea, la famille Glazer à Manchester United, le Cheikh Mansour à Manchester City ou encore Abdallah Al-Thani à Malaga.

10 Le cercle vicieux des droits liés à Ligue des Champions, donne aux clubs ayant déjà participé à cette compétition, une probabilité de 0,84 d’y reparticiper, contre 0,03 à ceux qui n’y ont jamais participé. (Statistiques pour la période 2001-2007, donc probablement à revoir à la hausse. Voir Bastien Drut, L’économie du football professionnel.)

11 Autant que le transfert de Geoffray Kondogbia acheté par l’Inter Milan pour 40 millions d’euros, ceux du niçois Jordan Amavi et du nantais Jordan Veretout pour qui Aston Villa a déboursé pas moins de 13 et 10 millions marquent à quel point concurrencer les clubs anglais même très moyens sportivement va être compliqué, permis par des droits télé anglais faramineux (près de trois fois plus élevés que les droits français).

12 Et encore ce n’est que grâce à la pression des supporters, et du collectif SOS Ligue 2, que les matchs ont été maintenus à 20h, au lieu de 18h45 comme le voudrait BeIn Sport. SOS Ligue 2 existe depuis la saison 2004/2005 date à laquelle la programmation des matchs de L2 a été décalée au vendredi soir pour satisfaire les diffuseurs. Le collectif milite pour un retour des matchs de L2 le samedi.

13 Lossemy Karaboué (AS Nancy), Wilfried Moimbé et Ismaël Traoré (Brest), Romain Saïss (Le Havre), William Rémy et Pape Abdou Paye (Dijon), Yohann Pelé (Sochaux), Alassane Touré et Billy Ketkeophomphone (Tours), Michaël N’Kololo et Pierrick Capelle (Clermont) ainsi que Cheikh Ndoye (Créteil-Lusitanos) étaient tous en fin de contrat quand ils ont signé en L1. Seuls Ibrahim Amadou (AS Nancy), Sehrou Guirassy (Laval) et Maxime Le Marchand (Le Havre) ont été achetés pour un total cumulé de 3,6 millions d’euros.

14 Depuis 2001, il existe des indemnités forfaitaires de formation pour les clubs où les joueurs ont évolué entre 12 et 20 ans. Il y a l’indemnité de pré-formation qui n’excède pas 8000 euros et qui est destinée aux clubs où a évolué le joueur les quatre années avant son arrivée dans le club pro. Ensuite, les clubs amateurs touchent de maigres pourcentages sur les transferts (0,25 % de la transaction par année de formation entre 12 et 15 ans, puis 0,5 % entre 16 et 21 ans).

15 Précisons que l’ancien G14 (regroupant initialement les 14 clubs les plus puissants d’Europe) a été dissout en 2008, et remplacé par une structure plus grosse, l’Association Européenne des Clubs qui compte 105 membres ordinaires. Le comité exécutif de l’AEC est composé en grande partie de poids lourds de l’ex G14 (Milan AC, Ajax, Barça, Madrid, Porto). Il s’agit toujours de faire du lobbying auprès des instances internationales dans l’intérêt des clubs (notamment en terme d’indemnisations lors des compétitions continentale comme l’Euro).

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