Petite histoire du catenaccio (partie 3): « Un système de jeu face à ses détracteurs »

Troisième volet de la série d’articles sur une histoire sociale du catenaccio publiée initialement sur le blog inactif aujourd’hui Sport et Luttes des Classes. Les deux premières parties, « Serrer les coudes et les rangs » et « Une métaphore de la résistance » restent consultables sur Les Cahiers d’Oncle Fredo.

On l’a vu précédemment, le catenaccio a globalement mauvaise presse. Tout un tas d’esthètes auto-proclamés émettent des avis lapidaires sur ce système. Après avoir essayé de l’aborder sous un angle social, historique et matérialiste, mais aussi tactique, on s’attardera un peu sur les discours et les déclarations, souvent à l’emporte pièce, concernant le catenaccio. La constante est de lui opposer la sacro-sainte défense du « beau jeu ». Bien que la plupart du temps incantatoire, ce « beau jeu » revendiqué, voire invoqué, n’est guère plus que le paravent du spectacle, avec tout le poids que peut avoir ce concept dans « l’industrie du divertissement » qu’est le football. Dans l’article précédent, on a croisé des intellectuels de gauche comme Toni Negri ou Gianni Brera intervenir en défense du catenaccio, l’inscrivant dans la tradition de résistance de la classe ouvrière et de la paysannerie italiennes. Parler du catenaccio au présent est anachronique car, en réalité, ce système n’existe plus. Malgré toutes les stratégies défensives mises en place par certaines équipes d’aujourd’hui, on ne devrait plus évoquer le catenaccio que comme un système historiquement révolu. Tout simplement parce que le catenaccio a des caractéristiques précises, comme le libéro et le marquage individuel, qui ont progressivement disparu du football moderne au profit d’une défense en ligne et d’un marquage en zone. Pourtant son fantôme semble hanter divers chroniqueurs improvisés ou avertis. Voici maintenant un tour d’horizon de la propagande contre les tactiques défensives où tous les coups sont permis.

Quand les bourgeois de gauche et les bourgeois de droite taclent le catenaccio par derrière

« Dans Alice aux pays des merveilles, il y a une discussion entre Humpty Dumpty et Alice à propos des définitions. Humpty Dumpty dit d’un ton assez dédaigneux: « Quand j’emploie un mot, il a exactement la signification que je lui donne. Ni plus, ni moins ». Alice lui répond: « La question est de savoir si tu peux faire signifier tant de choses aux mots ». « La question, dit Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître. C’est tout. »»1

Croche-pied n°1: le catenaccio est de droite

Daniel Cohn-Bendit a l’étiquette d’être un connaisseur de football. L’art du raccourci en plus. Il profite d’un article en hommage au brésilien Socrates, publié dans le Nouvel Observateur, pour avancer qu’il existe «un football de gauche et un football de droite». Il complète cette idée empruntée au départ à César Luis Menotti, par cette définition simple: «un foot de gauche serait celui qui ambitionne de marquer plus de buts qu’il en encaisse». Passons rapidement sur cette équation qui est la substance même de toute compétition, y compris évidemment la plus importante: l’économie de marché. En cela, ce football « offensif » pourrait parfaitement être de gauche, puisque la gauche s’est aujourd’hui largement accomodée du libéralisme.

«Si la formule, qui consiste à concevoir le football comme un jeu dont le sens est de mettre plus de buts que son adversaire, semble festive et pétillante, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un luxe. Dans le football moderne encore plus, ce type d’ambition n’est rien sans moyens financiers supérieurs à la moyenne. Aujourd’hui, ce « foot de gauche », ressemble d’avantage à un « foot de riche ». Seules les équipes sûres de leur force et de leur supériorité n’ont pas besoin de se préoccuper de leur adversaire. Peu importe qui on a en face quand on est un rouleau compresseur. Les tactiques défensives visent en général à faire déjouer l’adversaire, notamment parce qu’on n’est pas en mesure de lui contester la possession de balle. Pour ces équipes moins fortes sur le papier, adopter la même ambition offensive revient à adopter une mentalité de parieur et équivaut à participer à un jeu quasiment perdu d’avance. Comme quand on gratte un ticket ou quand on croit qu’on va aller au paradis. Et tout ça dans l’intérêt, et pour le plaisir, de qui?»

Mais l’euro-député enfonce le clou. Car s’il y a un football de gauche, il y a donc «un football de droite, symbolisé à l’extrême, selon lui, par le catenaccio des années 70» dont la philosophie de jeu serait en gros «casser l’adversaire et l’empêcher de jouer». Il n’y a pas de réelle nécessité à démontrer le contraire. Mais que veut-il dire? Quand il avance à charge que la philosophie du catenaccio serait en gros plutôt destructive que constructive, c’est un fait, la question est quelle place, quelle valeur nous accordons à cette capacité de sabotage des attaques adverses? Il vrai que Daniel Cohn-Bendit prend soin de parler du « catenaccio des années 70 », dont l’apothéose est la victoire de la Squadra Azzura d’Enzo Bearzot au Mundial 1982, en battant notamment l’Argentine au second tour. Période typique de la réappropriation bourgeoise du catenaccio initiée dans les années 60 par les deux Milan entraînés par Helenio Herrera et Nereo Rocco, qui sur le plan purement tactique se traduit par un catenaccio enrichi par la tactique de la Zone Mixte, que l’on doit à Luigi Radice et Giovanni Trapattoni. Cette tactique, pour faire très vite, se voulait la parfaite alliance de la philosophie du « Football Total » hollandais et du catenaccio. Est-il plus de droite que le football de conquête développé par les Pays-Bas de Cruyjff ? C’est un peut-être un débat aussi intéressant qu’inutile. Et puis si nous creusons un peu plus ce qui caractériserait ce « football de gauche », nous voyons que ce prétendu clivage gauche/droite est loin d’être évident.

Les joueurs portant leur coach Enzo Bearzot en triomphe après leur victoire face à l'Allemagne (3-1) lors du Mundial 82.
Les joueurs portant leur coach Enzo Bearzot en triomphe après leur victoire face à l’Allemagne (3-1) lors du Mundial 82.

Au-delà de la formule festive et pétillante, si le « foot de gauche » consiste à concevoir le football comme un jeu dont le sens est de mettre plus de buts que son adversaire, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un luxe. Et le “beau jeu” est un jeu qui serait plus spectaculaire, avec la majorité des passes dirigées vers l’avant. Dans le football moderne encore plus, ce type d’ambition n’est rien sans moyens financiers supérieurs à la moyenne. Aujourd’hui, ce « foot de gauche », ressemble d’avantage à un « foot de riche ». Seules les équipes sûres de leur force et de leur supériorité n’ont pas besoin de se préoccuper de leur adversaire. Peu importe qui on a en face quand on est un rouleau compresseur. Les tactiques défensives visent en général à faire déjouer l’adversaire, notamment quand on n’est pas en mesure de lui contester la possession de balle. Pour ces équipes moins fortes sur le papier, adopter la même ambition rejoindrait une mentalité de parieur. Cela reviendrait à participer à un jeu quasiment perdu d’avance, comme quand on gratte un ticket ou quand on croit qu’on va aller au paradis. Et tout ça pour le plus grand plaisir de qui?

Croche-pied n°2: le catenaccio n’est pas beau

Sur le même modèle, Jorge Valdano, qui a joué pour la sélection argentine sous les ordres de César Luis Menotti lors du Mundial 82, explique que «le football créatif est de gauche tandis que le football de force pure, tricheur et brutal est de droite». On imagine mises en accusation autant la légende de la roublardise des italiens que celle de l’efficacité des allemands. Deux poids lourds européens du football, qui gagnaient souvent à la fin, et souvent aux dépens du « beau jeu ». Le « beau jeu » renvoie plutôt au football pratiqué par les nations sud-américaines, surtout le Brésil et l’Argentine. N’a-t-on pas appelé Joga Bonito, le football brésilien qui de 1958 à 1970 domina la scène mondiale? Ce football dans la continuité duquel s’inscrivirent Têlé Santana et son équipe aux Coupes du Monde de 1982 et 1986. Mais cette idée de « beauté » automatiquement associée au jeu offensif, voire débridé, relève de la pure subjectivité. Et puis la défense en général, et le catenaccio en particulier, ne sont pas dénués d’esthétique. Ce qui vaudrait donc ce rejet au catenaccio serait sa brutalité découlant du marquage individuel serré. Ce jeu fait de contacts, de duels aériens disputés et de tacles glissés a longtemps été prisée par exemple des tribunes anglaises qui saluaient ces gestes combatifs et besogneux presque aussi fort qu’une occasion de but. Effectivement, d’un point artistique, si on considère le football comme un art, – mais encore faudrait-il le démontrer à base d’éléments convaincants – il faut reconnaître que le catenaccio laisse très peu de place à la créativité ou à l’improvisation. Il lui préfère la rigueur, la sobriété et le respect des consignes. Ce que Michéa reproche au catenaccio, c’est d’avoir importé dans le football « le primat tactique du moment défensif », c’est à dire que les équipes entrent à présent sur le terrain surtout pour ne pas perdre, ce qui impacte directement le spectacle. Jérôme Latta, qui anime le blog Une balle dans le pied, rappelle aussi à juste titre la caractère subjectif de cette notion de beauté dans le football: «Il arrive qu’une équipe déploie des trésors d’intelligence tactique, de cohérence collective ou de rigueur, et devienne ainsi belle à voir jouer pour qui apprécie cette maîtrise-là2».

La vision de Menotti et Valdano correspond à une époque où la créativité est à la base du football sud-américain et s’oppose alors à une approche scientifique et rationnelle de la tactique engagé par certaines nations européennes, dont la France. Miroir du football, canard des années 70 classé à gauche, et son directeur François Thébaud, prennent part à ce débat et s’opposent à la ligne suivie par la Fédération et George Boulogne. Les membres du Miroir rejettent fermement la ligne politique de Boulogne, instructeur national des entraîneurs et futur sélectionneur de l’équipe de France, qui défend l’idée d’une transformation du football français en secteur « compétitif » et prône son adaptation à l’économie capitaliste. Une disposition tactique se voulant “rationnelle”, que le raccourci  «les petits devant, les grands derrière» illustre parfaitement, selon Jean-Claude Michéa (philosophe issu du communisme glissant vers un populisme que certains assimilent de plus en plus à des positionnements “rouges-bruns”). Ce sont alors les balbutiements d’un football qu’on dira “moderne”. Le Miroir prend alors à cette époque logiquement fait et cause pour le football sud-américain, créatif et tourné vers l’avant, et qui entretient l’idée, même illusoire, que le football doit être un jeu. François Thébaud et ses amis incarnaient donc une critique de gauche du catenaccio, au moment où le football entamait sa mutation économique. Ils analysaient à ce titre le catenaccio et ses avatars, non seulement comme « un refus de jeu » mais aussi comme « une négation de l’art3« . Mais voilà, comme l’écrit Jérôme Latta, les enjeux économiques « se sont radicalisés » et le beau jeu dût aussi se soumettre à l’impératif du résultat. La principale négation du beau jeu réside aujourd’hui dans l’impact économique qu’a la défaite.

Croche-pied n°3: le catenaccio est réactionnaire et capitaliste

Philippe Séguin, un autre politicien, de droite lui, et qu’on ne cessait de présenter comme un « fin connaisseur du football », s’était aussi exprimé contre le catenaccio. Il disait du catenaccio qu’il s’agissait du système « le plus réactionnaire qui soit ». Tout cela sorti de la bouche d’un gaulliste de la première heure, souverainiste rallié à Charles Pasqua dans les manigances du RPR des années 90, prend une saveur toute particulière. Pour valoriser son avis, Séguin n’hésitait pas à s’appuyer sur ses « adversaires », en l’occurrence François Thébaud et le journal Miroir du football. Il prétendait même recourrir à cette « analyse marxiste de la défense » qu’on retrouvait dans le Miroir, celle qui, disait-il, avançait que « la défense en ligne constituait l’acte progressiste alors que le catenaccio symbolisait le fric pour ne pas perdre, soit le capitalisme le plus ordurier ». Marx réveille-toi!

Quelle analyse un tant soit peu marxiste évacue à ce point la réalité du rapport de force économique entre les équipes qui s’affrontent? C’est donner une place beaucoup trop importante au seul système tactique ou encore un pouvoir démesuré à seul la volonté de produire du « beau jeu ». Quand bien même, le Miroir du football a en travers de la gorge l’interprétation bourgeoise du catenaccio par l’Inter d’Helenio Herrera (voire plus tard celui de la « Zone Mixte »), comment ne pas le replacer dans son histoire, celle d’équipes plus faibles qui eurent à faire bloc pour vaincre des adversaires ne devant faire qu’une bouchée d’eux. Le premier catenaccio, qui ne s’appelait pas encore ainsi, n’a-t-il pas été appliqué par de l’équipe de Suisse de Karl Rappan contre l’équipe nationale de l’Allemagne nazi, largement supérieure sur le papier, lors de la Coupe du Monde 1938 en France? Les systèmes de jeu plus offensifs ne sont pas nécessairement plus progressistes.

«Dans ce contexte, reprocher à une équipe d’empêcher de jouer son adversaire, qui plus est en lui imputant de pratiquer un « football réactionnaire », actionne un levier similaire à celui qui consiste, lors d’une grève de cheminots par exemple, à les faire passer pour d’archaïques conservateurs. Sous prétexte qu’on veut rester accrocher au peu d’acquis qu’on a, comme le point du match nul, on deviendrait, par on ne sait quel retournement de situation, « de droite » ou « réactionnaires ». Doit-on en conclure que pour avoir grâce aux yeux de ces accusateurs, il faille se résoudre à prendre des fessées déculottées, ou à se présenter en victime expiatoire pour la beauté du spetacle?»

Dans beaucoup de configurations, au début du match les deux équipes n’ont pas le même objectif. Et ce n’est pas le football de l’ère libérale qui a atténué cette tendance. Certaines équipes, notamment à l’extérieur, jouent avant tout pour ne pas perdre. Le 0 à 0 de départ n’a alors pas du tout le même sens selon qu’on soit dans une optique de le préserver ou d’aller la victoire. Il ne peut pas être question seulement de philosophie ou d’idéologie. Dans le football, il existe aussi différents niveaux d’intérêts: certains sont en mesure de conquérir des titres et d’autres n’ont d’autre espoir que la lutte pour se sauver. Dans ce contexte, reprocher à une équipe d’empêcher de jouer son adversaire, qui plus est en lui imputant de pratiquer un « football réactionnaire », actionne un levier similaire à celui qui consiste, lors d’une grève de cheminots par exemple, à les faire passer pour d’archaïques conservateurs. Sous prétexte qu’on veut rester accrocher au peu d’acquis qu’on a, comme le point du match nul, on deviendrait, par on ne sait quel retournement de situation, « de droite » ou « réactionnaires ». Doit-on en conclure que pour avoir grâce aux yeux de ces accusateurs, il faille se résoudre à prendre des fessées déculottées, ou à se présenter en victime expiatoire pour la beauté du spetacle?

Question ouverte: le catenaccio est-il soluble dans le spectacle?

Les tactiques ultra-défensives mettraient-elles en péril le spectacle? En Italie, le catenaccio a d’abord incarné une révolution tactique donnant des armes aux plus faibles pour se défendre, pour devenir ensuite un système de jeu constitutif de l’ADN du football italien. Au point qu’il colle à la peau de l’Italie comme la tactique du style de jeu le plus anti-spectaculaire qui soit. Or, développé en Italie c’est aussi en Italie que l’histoire du catenaccio se termine, supplanté par une autre révolution tactique, celle de la défense en ligne haute du Milan AC d’Arrigo Sacchi. Dans une période où la FIFA engagea quelques réflexions visant à rendre le football plus attractif4, cette (r)évolution, comme les autres évolutions, répondait aux exigences d’efficacité et de résultat de l’époque et offrit une palanquée de titres entre 1988 et 1992 au club présidé par Silvio Berlusconi. Ce passage réussi à la défense en ligne a achevé de rendre le catenaccio obsolète. Même s’il dispose d’individualités exceptionnelles (Baresi, Donadoni, Rijkaard, Gullit, Van Basten…) le système de jeu offensif de Sacchi requiert aussi une grande solidité et discipline collectives. Il s’appuie aussi sur un bloc-équipe, mais celui-ci est positionné beaucoup plus haut, quelques mètres avant la ligne médiane. Ce positionnement impose une occupation du terrain asphyxiante pour l’équipe adverse et ne néglige absolument pas le travail défensif qui, grâce à la ligne, repose sur un hors-jeu joué à la perfection et qui est devenu par la suite une nouvelle arme de neutralisation des attaques.

Plus tard, le passage à la victoire à 3 pts se voulait aussi une mesure visant à favoriser les attaques. Mais la transformation des clubs en entreprises entièrement privées a institué dans le football la limitation des risques dans le football. On touche là à une contradiction inhérente au football contemporain dans la période actuelle de crise économique: produire un spectacle qui en donne aux spectateurs pour leur argent et préserver les clubs d’accidents industriels ou faillites. Le résultat du match est une des nombreuses données de la santé financières des clubs. Beaucoup s’accordent à dire qu’un grand nombre de clubs, notamment ceux qui jouent leur survie ou qui luttent pour ne pas descendre, proposent des jeux pauvres offensivement. Pour autant the show must go on et les droits télé ne se sont jamais monnayés aussi cher. Mais à ce rythme, la piètre qualité de certaines prestations risquent de poser des problèmes aux diffuseurs (BeIn Sport et Canal +) qui ont fait sauter les compteurs… Wait and see.

Comme début de réponse on retiendra la punchline du coach Pablo Correa: « Si tu veux du spectacle, vas au cirque. »

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Notes:

1 Dialogue du livre II d’Alice aux pays des merveilles, réécrit par les Rote Zora dans le texte « Chaque coeur est une bombe à retardement » consultable dans le recueil En catimini… Histoire et communiqués des Rote Zora.

3 Pour François Thébaud, «Refuser le jeu, c’est bannir l’intelligence, rejeter la joie, nier l’art, mépriser l’homme». (Le temps du miroir: une autre idée du football et du journalisme, 1982)

4 Ce qui aboutit en 1992 à un changement majeur avec l’interdiction pour le gardien de saisir une passe en retrait volontaire.

 

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