Solidarité avec Alfon, ultra du Rayo Vallecano, incarcéré depuis juin 2015

#AlfonSalimosPorTi. Ce week-end des 17 et 18 juin 2016, sont organisées divers événements et une manifestation en solidarité avec Alfonso Fernández Ortega, connu de tous ses amis comme « Alfon », prisonnier de l’Etat espagnol depuis le 18 juin 2015. Ses proches profitent de cette date marquant les uns ans de son incarcération pour rappeler la nécessaire solidarité envers Alfon, et tous les prisonniers politiques. Alfon est un militant anticapitaliste et antifasciste de Vallekas, quartier ouvrier de Madrid, et est membre des Bukaneros, les ultras du Rayo Vallecano. Il a été condamné à 4 ans de prison ferme en 2015, et il est incarcéré dans la prison de Navalcarnero.

Alfon-LibertadafficheAustérité. Les persécutions judiciaires d’Alfon, outre quelques condamnations précédentes, ont commencé le 14 novembre 2012, jour de grève générale et de manifestation contre les mesures d’austérité imposée par le gouvernement Rajoy au prolétaires espagnols, dans la continuité de celle du socialiste Zapatero. Cette journée de grève générale du 14-N s’inscrit dans la vive contestation de l’austérité depuis 2011 en Espagne, qui prit la forme tant des assemblées du mouvement des Indignados, des grèves ouvrières dont celle des mineurs asturiens (mai 2012), mais aussi de manifestations émeutières ou encore d’occupations diverses et variées contre les expulsions locatives.

FIES. Tôt le matin du 14 novembre, Alfon quitte son domicile en compagnie de sa petite-amie pour se rendre chez son oncle pour rejoindre ensemble le reste des manifestants quand des flics en civil l’interpellent dans la rue pour un contrôle d’identité. Là les policiers déclarent qu’il transportait dans son sac à dos, un sac plastique contenant des bombes de peinture, deux bidons d’essence et des pétards ou feux d’artifice. Cela grossièrement qualifié d’engins explosifs, quand de toutes manières Alfon a toujours nié avoir transporté ce sac plastique. Le juge requiert alors sa détention provisoire considérant qu’Alfon n’avait pas les garanties de représentation, et le place sous le régime FIES, un régime d’incarcération encore plus sécuritaire, avec une haute surveillance de l’Administration Pénitentiaire. Le lot de la plupart des prisonniers anarchistes ou antifascistes pris dans les machoires carcérales. Il y restera 56 jours avant d’être libéré dans l’attente de son procès qui eut lieu près de deux ans plus tard en novembre 2014.

Montage policier. Lors du procès son avocat n’eut de cesse de mettre en avant toute une série d’irrégularités dans les soit-disant « preuves » amenées par la police. Car les charges pesant sur Alfon reposaient sur les uniques déclarations policières. De plus sur les quatre empreintes retouvées sur le fameux sac, aucune n’était à lui. Alfon fit quant à lui part des nombreuses pressions policières à son encontre lors des interrogatoires, notamment afin qu’il identifie et dénonce des membres des Bukaneros. Il y a fort à parier qu’en plus du mouvement social anti-austérité, le cas d’Alfon s’inscrive aussi dans la campagne de harcèlement policier dirigée contre le groupe de supporters du Rayo Vallecano, les Bukaneros, dont il est un membre actif. Ce groupe d’ultras est connu pour son anticapitalisme et son antifascisme et mène tout un tas d’actions sociales sur le quartier ouvrier de Vallekas où se trouve aussi leur Centre Social qui fut d’ailleurs aussi perquisitionné en relation à l’arrestation d’Alfon. En janvier 2015, le juge le condamna donc 4 ans de prison. L’avocat fit immédiatemment appel, et le verdict fut confirmé en juin 2015, le 18 Alfon entrait en prison.

Loi Mordaza. Les Bukaneros sont depuis un certain temps dans le viseur des autorités qui n’hésitent pas à le qualifier de groupuscule violent, à l’image de Cristina Cifuentes, ancienne déléguée du gouvernement et actuelle présidente de la Communauté de Madrid, qu’on retrouve à la tête de cette campagne de harcèlement. Le groupe subit une intense surveillance. Cifuentes n’hésitant pas à la justifier par les liens qu’entretiendraient les Bukaneros avec la mouvance antisistema qui regroupe des anarchistes, des autonomes ou encore des squatteurs, mais aussi avec la gauche abertzale, autre ennemi irréductible du gouvernement espagnol. L’ambiance en outre-Pyrénées est d’autant plus tendue que le gouvernement, pour accompagner la mise en place de l’austérité et discipliner la frange du prolétariat la plus récalcitrante, fit voter une loi répressive, la Loi Mordaza en février 2015. « Mordaza » comme le « baillon », car dans son application cette loi vise à bailloner la contestation des politiques gouvernementales, en alourdissant les sanctions pénales notamment en cas d’outrage ou d’entrave à la police.

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Pour écrire à Alfon:
Alfonso Fernández Ortega
C.P. MADRID IV (M-1)
Apdo. Correos 195
28600 NAVALCARNERO
MADRID

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Liens:

Page Facebook du Grupo de Apoyo / Twitter Alfon_Libertad

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Sources:

In defence of Marxism, #AlfonLibertad, 4 years in jail for participating in a general strike – 18 juin 2015

Paris-Luttes.info, Operación Pandora et Ley Mordaza: la répression frappe en Espagne – 6 février 2015

alfonliberdad

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