Paolo Sollier, un footballeur d’extrême-gauche dans l’Italie des années 70

A la fin des années 60, l’Italie connaissait une situation quasi révolutionnaire. Les occupations d’usine étaient légion, des collectifs auto-organisés d’ouvriers et des groupes gauchistes de toutes sortes émergeaient. Les grèves se multipliaient et portaient un souffle qui dépoussiérait le communisme traditionnel du P.C. italien. Ces années-là sont celles de l’opéraïsme, apparu dans le paysage politique au début des années 60, dans la continuité des Cuaderni Rossi de Renato Panzieri. Ce courant marxiste et léniniste dont les figures fondatrices sont Toni Negri et Mario Tronti, renouvella la lecture de la lutte des classes et porta une contradiction en actes aux vieux appareils du P.C.I. et des syndicats inféodés à l’U.R.S.S. L’opéraïsme s’appuya sur l’important contingent de travailleurs précaires des usines pour mettre en avant le refus du travail et le « communisme immédiat » comme moteur de la lutte des classes1. Au milieu de cette période rythmée par les nombreuses grèves, les séquestrations de patrons, les sabotages, les braquages, les manifestations insurrectionnelles, les auto-réductions et toute la créativité du prolétariat révolutionnaire, Paolo Sollier fut un des rares footballeurs à se faire remarquer pour son engagement d’extrême-gauche. Une carrière qui a traversé le « Mai rampant » italien.

Des grèves à la Mirafiori aux terrains de Série C

fiat-mirafiori-1969Au printemps 69, des grèves contre les cadences infernales, la réduction du temps de travail et l’augmentation des salaires, rythment le quotidien de l’Italie, du Piémont jusqu’en Sicile. Dans plusieurs grandes villes comme Milan, Turin ou Rome, les grèves et manifestations débouchent très souvent sur des affrontements avec la police. Celle du 3 juillet 1969 à Turin est emblématique du nouveau cycle de luttes qui s’ouvre en Italie. La grève des ouvriers de la Mirafiori, plus grande des 26 usines FIAT, déborde des cadres des revendications ouvrières. Cette fois-ci la grève ne porte pas spécifiquement sur la question du travail mais s’oppose à la hausse des loyers. Dans la manifestation les étudiants se joignent aux ouvriers. Dans la continuité de 68 des assemblées ouvriers-étudiants s’organisent dans les usines FIAT, estompant en partie la méfiance d’une partie des jeunes ouvriers à l’égard d’étudiants qu’ils considèrent encore comme des fils de bourgeois.

Arrivée au niveau du Corso Traiano, l’avenue menant à l’entrée de la Mirafiori, la manifestation vira à la guerilla urbaine. Paolo Sollier, jeune ouvrier de 21 ans natif de Chiomonte dans le Val di Susa, également footballeur à Cinzano, modeste club de Série D (5e division), est de la partie. C’est un des 50 000 ouvriers de l’usine. Huit heures par jour sur les chaînes de montage de la FIAT, à suer pour un salaire de 100.000 lires par mois. Mais l’ambiance sociale électrique annonce que les jours sont en train de changer. Le patronat découvre alors une vague révolutionnaire qui refuse tout autant le travail que l’autorité et le contrôle du syndicat majoritaire, la C.G.I.L. Au retour des congés estivaux, les grèves reprennent et se succèdent sans réelle interruption, à la Fiat mais aussi chez Pirelli et dans tout un tas d’autres boîtes. Ces quatre mois, septembre, octobre, novembre et décembre 1969, l’Histoire les a appelé l’ « Automne chaud »2. Paolo Sollier avait seulement milité à l’adolescence dans son quartier avec l’association catholique sociale Mani Tese. Son passage par les chaînes de montage et par les bancs de l’université le mettront sur la route des militants d’extrême-gauche et des opéraïstes.

“A Cossato il découvre un club familial avec peu de moyens où le président est aussi masseur et magasinier. Après quatre saisons, il rejoint le Pro Vercelli, une équipe qui évolue en Série C sous la houlette de Luciano Sassi. Paolo ne joue une seule saison pour les Leoni, à l’issue de laquelle il pense à arrêter sa carrière se sentant pris en tenaille dans ses contradictions dans un football miroir de l’individualisme et du capitalisme et fatigué d’avoir la sensation d’être un « footballeur de compromis ». Mais l’occasion d‘évoluer un cran au-dessus, en Série B, lui est donnée par Pérouse et son nouvel entraîneur Ilario Castagner.”

sollier-militanzaPaolo Sollier ne fait pas, à cette période, d’une carrière professionnelle une de ses priorités. Alors qu’il s’entraîne après ses huit heures à l’usine, le football apparaît d’abord comme un monde complémentaire de son quotidien d’ouvrier. Il le pratique sur son temps libre, comme la totalité des footballeurs amateurs, et y trouve une sorte bouffée d’air: «J’ai toujours travaillé et joué au football. J’arrivais dans le vestiaire, j’enfilais mon maillot et mes crampons et j’entrais dans un autre monde. Le quotidien restait à l’extérieur. Puis je me changeais de nouveau, je saluais tout le monde et je retrouvais ma vie. » Ses premiers pas de footballeurs, Paolo Sollier les fit au sein du club de la Vanchiglia, quartier ouvrier où il atterrit petit quand son père fut embauché par l’entreprise municipale de distribution d’électricité. La popularité des clubs locaux que sont le Torino et la Juventus le poussa presque naturellement, comme des centaines d’autres gamins de son âge, à jouer au football. Les stars de la Juventus se nommaient alors Omar Sivori, John Charles ou Giampiero Boniperti, qui rejoindra le parti de Berlusconi dans les années 90. Celles du Torino, Enzo Bearzot, Giorgio Ferrini ou encore Carlo Crippa était un peu moins réputées. Cela illustre le rapport de force entre les deux clubs turinois et toute la symbolique sociale qui l’entoure. Pour tout un tas de prolos plutôt acquis à la cause des Granata, les derbys Torino – Juventus étaient l’occasion de prendre une revanche sur le club des patrons, car depuis 1923 la famille Agnelli, à la tête de la FIAT, était devenue propriétaire de la Juventus. Faut-il y voir un signe du fossé entre les ouvriers et les dirigeants des organisations de gauche, mais Berlinguer, Togliatti ou Lama étaient tous supporters assumés des bianconeri3. En tous cas, quelques soixante années après les éloges de Gramsci sur le football, il a pris une place incontournable dans la société italienne, toutes classes confondues – élevé au rang de religion laïque si on reprend l’expression de l’historien marxiste Eric Hobsbawm.

Football salarié et Avanguardia Operaia

Avanguardia_OperaiaDans son club de Cinzano, à Santa Vittoria d’Alba, le football est synonyme d’amusement pour Paolo. On raconte qu’il courrait dans tous les sens, sans vraiment s’économiser. Mais alors que les ouvriers se préparent à reprendre le combat en septembre, il reçoit la proposition d’un club pour évoluer en professionnel. L‘A.S Cossatese, une équipe piémontaise qui évolue aussi en Série D, lui propose 50 000 lires par mois, soit deux fois moins que son salaire d’ouvrier. Après négociations, Sollier en obtint 60.000 pour pouvoir quitter son travail à l’usine et reprendre ses études. Après huit mois d’usine, il choisit de vivre modestement de sa passion et de faire aux contradictions que cela comporte. C’est en suivant des cours de Sciences Politiques à l’université qu’il se rapproche de Potere Operaio, dit PotOp, tout juste fondé par Toni Negri, Oreste Scalzone, Franco Piperno et Nanni Balestrini, ainsi que par le futur membre des Brigades Rouges, Valerio Morucci. Mais Sollier rejoindra finalement Avanguardia Operaia, une petite organisation de la gauche extraparlementaire, qui compta au maximum 15 000 membres. Créée en Mai 68, à partir des Comités Unitaires de Base (C.U.B.), par des militants trotskystes de la Quatrième Internationale, cette organisation se développa principalement autour de ses bastions milanais des usines Pirelli et Siemens.

“En tant que militant, Paolo Sollier arrivait aussi à contre-courant des clichés du footballeur qui a tout dans les muscles et rien dans la tête. Ses idées politiques ne sont plus un secret pour personne. Pour beaucoup, il est le trequartista militante.A son arrivée à Pérouse, Paolo offrit un livre à chacun de ses coéquipiers et une anthologie des poèmes de Cesare Pavese pour Ilario Castagner, frappé de la dédicace «Non si vive di solo calcio».”

serie_b_1974-75_-_perugia_vs_catanzaro_-_paolo_sollierA Cossato il découvre un club familial avec peu de moyens où le président est aussi masseur et magasinier. Après quatre saisons, il rejoint le Pro Vercelli, une équipe qui évolue en Série C sous la houlette de Luciano Sassi. Paolo ne joue qu’une saison pour les Leoni, à l’issue de laquelle il pense à arrêter sa carrière se sentant pris en tenaille dans ses contradictions dans un football miroir de l’individualisme et du capitalisme et fatigué d’avoir la sensation d’être un « footballeur de compromis ». Mais l’occasion d‘évoluer un cran au-dessus, en Série B, lui est donnée par Pérouse et son nouvel entraîneur Ilario Castagner. Paolo la saisit et quitte le Piémont pour l’Ombrie, autre province ouvrière de la péninsule. L’équipe est solide et pratique un jeu direct. Avec 30 matchs et 7 buts inscrits, Paolo Sollier est un artisan du titre de champion de Série B et de la montée. L’opportunité de jouer au plus au niveau le met face à ses limites : « Enfin je saurai si je vaux quelque chose au football et, ma grande crainte, je saurais si je vais baisser mon froc face aux contraintes. Si en plus des matchs, des déplacements et des entraînements le football va me bouffer le cerveau ou bien si je réussirai à continuer de vivre ma vie comme il me plaît, loin des sentiers battus. » C’est à cette période qu’il s’investira le plus dans le militantisme avec Avanguardia Operaia.

Deux saisons chez les Grifoni et puis s’en va

sollier pugnoA Pérouse, il forme l’ossature de l’équipe avec Michele Nappi, Franco Vannini, Mario Scarpa, Pierluigi Frosio, Sergio Pellizzaro ou encore Giancarlo Raffaeli, par ailleurs encarté au Parti Communiste. Là-bas Paolo Sollier tombe sous le charme de cette ville cosmopolite, ses rues étroites en pente et son festival de jazz. «Je l’ai dans le sang» dira-t-il au moment de la quitter deux ans plus tard en 1976, après avoir évolué une seule saison en Série A. Il se dit sûrement qu’il eut raison de partir quand on connaît l’implication du club dans les scandales des matchs truqués des années 80, où le club fut même rétrogradé en Série C2 en 1986 sous la direction de Spartaco Ghini, un industriel qui dirigeait la Sicel, grosse acierie locale. Il fut notamment celui qui souffla à l’oreille du président D’Attoma en 1974, l’idée de l’actionnariat social, faisant des tifosi des actionnaires du club, sans toucher de dividendes, mais avec un pouvoir décisionnel au sein du conseil d’administration. Plus tard, Paolo Sollier se remémora de cet épisode comme d’une demi-arnaque, « même si, dit-il, ça a eu le mérite de casser un peu le rapport hiérarchique au sein du club. »

“Le climat des années de plomb exacerbe aussi les tensions fascistes aux plus près du terrain, comme par exemple ce jour de match contre la Reggiana où Paolo du être escorté avant et après le match par des gardes-du-corps en raison d’une sérieuse menace d’enlèvement de la part d’un groupe néo-fasciste de Reggio Emilia.La presse aussi lui fait payer d’être sorti de la neutralité politique coutumière des sportifs de haut-niveau. La sortie de son livre en 1976 a fait jaser. Il Guerin Sportivo en fit un temps une de ses cibles favorites, le surnommant « le footballeur plus connu pour ce qu’il raconte que pour ce qu’il fait sur le terrain »”

sollier3Cela coïncide sur le plan politique avec le moment où la crise de cette extrême-gauche extra-parlementaire atteint le point qui le mènera à se scinder. Une grande partie des militants, de PotOp comme de Lotta Continua, rejoignirent la galaxie des groupes autonomes. Tandis qu’Avanguardia Operaia choisit la voie des élections au sein de la coalition électorale Dimocrazia Proletaria regroupant un cartel d’organisations dont une petite partie des leaders de Lotta Continua ou encore le Partito di Unità Proletaria per il Communismo. Traduction d’une extrême-gauche italienne divisée sur la question de violence politique et de l’action armée envers laquelle Paolo Sollier se montra d’ailleurs critique, la qualifiant de « contre-révolutionnaire ». Qualificatif tout aussi adapté à ligne électoraliste à laquelle il adhéra en 1974 avec la coalition Dimocrazia Proletaria. La question de la lutte armée, ou du moins de l’action armée était loin d’être une aspiration marginale au début des années 70. Elle ne se limita pas non plus à l’activité des B.R. et n’était en aucun cas une tendance extérieure à la lutte des classes, c’en était même une donnée majeure de l’époque. Un grand nombre de militants partisans d’une intensification révolutionnaire, au moyen d’actions violentes et armées si nécessaire, qui atteindra son apogée en 1977, créant à nouveau distances et dissensions en interne, au sein du mouvement autonome cette fois-ci. De son côté, l’aventure électorale de Dimocrazia Proletaria sera sans surprise un échec cuisant4. Paolo Sollier, lui, aborde à 27 ans sa condition de footballeur d’extrême-gauche avec beaucoup plus de sérénité. En tant que militant politique, Paolo Sollier arrivait aussi à contre-courant des clichés et stéréotypes du footballeur qui a tout dans les muscles et rien dans la tête. Ses idées politiques ne sont plus un secret pour personne. Pour beaucoup, il est le trequartista militante, comme on appelle en Italie ce produit du football des années 70, ce numéro 10, qui allie la qualité de jouer systématiquement vers l’avant avec la caractéristique d’être un faux-lent5. A son arrivée à Pérouse, Paolo offrit un livre à chacun de ses coéquipiers. Gabriel Garcia Marquez, Edgar Lee Master, Jacques Prévert, des bandes dessinés Corto Maltese pour les plus jeunes et une anthologie des poèmes de Cesare Pavese pour Ilario Castagner, frappé de la dédicace «Non si vive di solo calcio». Manière pour lui de transmettre en toute sympathie au vestiaire une part de sa philosophie ou, plus court, qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. Les photos de lui en train de feuilleter Il Manifesto, principal journal du communisme non-officiel, tout comme son look de beatnik lui attirèrent beaucoup de sympathie parmi les supporters qui chantaient ses louanges, notamment à Pérouse où il ne laissait personne insensible. Pas plus les tifosi qui le surnommaient « Mao », que ses collègues du vestiaire. Il devint une sorte d’emblème d’extrême-gauche et son salut, le poing levé dans son maillot rouge, en direction des virages fut immortalisé. Un signe de reconnaissance pour les supporters de gauche, une provocation pour ses détracteurs nationalistes. Notamment ceux de la Lazio. Paolo Sollier n’a d’ailleurs jamais mâché ses mots au moment de parler d’eux: « Il n’est pas approprié de parler de fans de la Lazio. Il vaut mieux parler des fascistes de la Lazio. De la racaille de merde. Ces bâtards m’ont crié dessus « Sollier bourreau ! », tout en faisant le salut fasciste. Je suis entré dans le stade tranquillement. Si j’avais levé le poing, ils auraient réussi à attirer l’attention sur leurs insultes. J’avais peur, je tremblais. A ce moment-là, j’aurais aimé avoir un fusil pour tous les tuer ». Le climat des années de plomb exacerbe aussi les tensions fascistes aux plus près du terrain, comme par exemple ce jour de match contre la Reggiana où Paolo du être escorté avant et après le match par des gardes-du-corps en raison d’une sérieuse menace d’enlèvement de la part d’un groupe néo-fasciste de Reggio Emilia. La presse aussi lui fait payer d’être sorti de la neutralité politique coutumière des sportifs de haut-niveau. La sortie de son livre en 1976 a fait jaser. Il Guerin Sportivo en fit un temps une de ses cibles favorites, le surnommant « le footballeur plus connu pour ce qu’il raconte que pour ce qu’il fait sur le terrain ».

media_calci-sputiParmi les plus médiatiques, Paolo Sollier n’en est pas pour autant un cas si isolé dans le football. Outre Giancarlo Raffaelli, dans son entourage il cite quelques autres footballeurs engagés à gauche à cette époque: « D’autres joueurs dans d’autres clubs étaient des sympathisants de la gauche radicale: Dino Pagliari (ancien joueur de la Fiorentina qui évoluait aussi à Ternana), Maurizio Codogno (du Pro Vercelli), Gabriele Ratti (Lecco et Ternana), Ezio Galasso (Udinese et Avellino), ou encore Maurizio Montesi (Lazio et Avellino). En 1974 ou 1975, je ne souviens plus, on avait même organisé une ou deux réunions pour essayer de créer quelque chose de nouveau». Malgré ça, Paolo Sollier ne fit pas long feu en Série A, où il prit part à 21 matchs. Il revient en Série B, de 1976 à 1979, à Rimini, où il se montre de plus en plus intéressé par la photographie ou la poésie plutôt que par un football qui, selon lui, a été définitivement vidé de sa substance populaire à mesure que la logique marchande s’est imposée, depuis les années 70. Ces années qui aboutissent à la restructuration économique des années 80 incarnée par le duo Thatcher et Reagan prétendant mettre à genoux le mouvement ouvrier et son communisme. La fin des années 70 et l’affaiblissement du rapport de force sont annonciatrices de la fin des espérances révolutionnaires de l’époque. Ce qui provoque aussi un durcissement de la ligne politico-militaire d’une partie du mouvement autonome comme une fuite en avant. La violente répression de masse de l’État en 79 et 80 se chargea d’y mettre un terme avec plus de 12000 militants incarcérés et 600 exilés. Tout comme, en guise de combat final, la grande grève vaincue de septembre / octobre 1980 à la FIAT contre l’annonce de 24 000 licenciements. Une grève illimitée fut déclarée. Les piquets et les occupations d’usine s’étendirent aux filiales. Et la suite fut un énième épisode de la reprise en main syndicale et de tout le mal que cela implique pour le mouvement ouvrier. Au 35e jour de grève eut lieu la « Marche des quarante-mille », du nombre de cadres et autres jaunes affrétés de toute l’Italie pour réclamer la reprise du travail et accepter le sacrifice de plus de 20 000 ouvriers. Contre le mouvement la C.G.I.L. dans le rôle historique du syndicat valida l’accord et fustigea la grève illimité. Une époque se terminait.

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Notes:

2« L’automne chaud » part de l’usine de la Fiat Mirafiori à Turin au mois de mai 1969. Partie de quelques milliers d’ouvriers qualifiés, la grève s’étend en quelques jours au reste du site. Pour l’année 69, le bilan des luttes à la Fiat laisse rêveur : 20 millions d’heures de grève et près de 277 000 véhicules perdus. L’automne chaud ne touche pas que le nord industriel de l’Italie, mais tout le pays. Nous somme alors au début du « Mai rampant » sorte de Mai 68 italien qui dure près de dix ans, jusqu’en 1977.

3Enrico Berlinguer et Palmiro Togliatti étaient des dirigeants du P.C.I. Luciano Lama, secrétaire de la C.G.I.L.

4Lors de ces élections dominées par le Parti Communiste, Dimocrazia Proletaria fit 1,5 %. Ce qui lui permit toutefois d’obtenir deux élus, dont l’ancien cadre d’Avanguardia Operaia, Silverio Corvisieri. Cette intégration en grande pompe au jeu de la démocratie bourgeoise fut une des portes d’entrée pour d’anciens cadres d’extrême-gauche dans une carrière de politicien.

5http://www.sofoot.com/blogs/fautetactique/vers-la-fin-d-une-ere-148637.html

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Pour aller plus loin: La révolution et l’Etat, Paolo Persichetti & Oreste Scalzone

 

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